L’assurance cyber protège contre les conséquences financières et opérationnelles d’un incident : rançongiciel, intrusion, compromission de comptes, fuite de données, attaque sur un fournisseur, interruption de services numériques.
En Suisse, le cadre de protection des données impose des actions spécifiques en cas d’atteinte à la sécurité, selon la nature de l’incident et le risque pour les personnes concernées. L’assurance ne remplace pas ces obligations, elle aide à les financer et à les organiser.
Deux familles de garanties
Les garanties qui concernent la PME elle-même : frais de réponse à incident — analyse, confinement, restauration, reconstitution de données —, frais d’urgence, et souvent une couverture de perte d’exploitation liée à l’interruption des systèmes, avec ses conditions propres : délai d’attente, durée maximale, méthode de calcul, dépendance à des services en nuage.
Certaines polices incluent les frais liés à l’extorsion, mais cela dépend fortement du contrat, des exigences de déclaration et des limites. Tous les paiements ne sont ni couverts ni recommandables.
Les garanties qui concernent la responsabilité envers des tiers : réclamations, coûts de notification, défense, et certains frais liés à une atteinte à des données ou à un service fourni. Les amendes sont un point délicat : selon leur nature, elles peuvent être non assurables.
Cinq points de vigilance, dans l’ordre d’importance
Les exclusions. Actes intentionnels, fraude interne, absence des mesures minimales de sécurité déclarées, vulnérabilités connues non corrigées, guerre ou actes assimilés, et l’amélioration : lorsque la remise en état revient à porter l’infrastructure au-delà de son état initial, l’écart reste à votre charge.
Les sous-limites. Pertes d’exploitation, frais d’experts, notification, extorsion, incident chez un prestataire : chacun peut être plafonné séparément, bien en deçà de la garantie principale.
Les obligations de l’assuré. Déclaration rapide, coopération, conservation des preuves, et respect des mesures déclarées à la souscription : double authentification, sauvegardes, mises à jour.
La définition des systèmes couverts. Nuage, prestataires, outils en ligne, téléphonie, sites web. Le contrat doit refléter votre architecture réelle, faute de quoi l’incident se situera hors périmètre.
La documentation. Sans inventaire des systèmes, plan de sauvegarde, procédures et journaux, la réponse est plus lente et les coûts s’envolent.
Un cadre en trois temps
- Cartographier vos dépendances : gestion intégrée, facturation, messagerie, production, commerce en ligne, données sensibles, prestataires clés.
- Scénariser l’impact : combien de jours d’arrêt sont acceptables, quel coût par jour, quels frais de remise en état, quel risque de réclamation.
- Choisir les garanties prioritaires : réponse à incident, pertes d’exploitation, responsabilité données, assistance.
Une assurance cyber efficace est celle que vous pouvez activer rapidement, avec des conditions que votre entreprise peut réellement respecter.