L’assurance choses couvre les dommages matériels subis par le contenu de l’entreprise : marchandises, stocks, machines, outillage, mobilier, informatique, parfois installations mobiles selon la définition du contrat. Elle s’adresse aussi bien à une PME locataire qu’à une PME propriétaire.
Le contrat est le plus souvent structuré par événements : incendie, événements naturels, dégâts d’eau, vol avec effraction, vandalisme, bris de machines ou d’objets selon les options retenues.
La question de la valeur est déterminante
Une sous-assurance réduit l’indemnisation dans la même proportion (art. 69 LCA), et une surdéclaration n’apporte aucun avantage.
Pour les stocks, la difficulté est la fluctuation : saisonnalité, pics de volume, produits à forte valeur unitaire. Certains contrats prévoient des mécanismes de variation, mais il faut les choisir consciemment.
Autre point sensible : les biens en leasing, en prêt ou en dépôt. Selon les cas, ils ne sont pas automatiquement couverts, ou ils doivent être déclarés nommément.
Les exclusions et les conditions
Les exclusions fréquentes portent sur l’usure, le défaut d’entretien, les dommages progressifs, la défaillance logicielle sans dommage matériel.
Le vol est un cas où les conditions sont strictes : mesures de protection, type de fermeture, stockage de nuit, alarmes, preuves d’effraction.
Les dégâts d’eau sont également sensibles, avec des exclusions possibles sur les infiltrations lentes ou les défauts d’entretien.
Les franchises varient par événement, et des sous-limites peuvent s’appliquer sur certains biens — valeurs, espèces, prototypes — ou sur certains frais : déblai, recherche de fuite, mesures d’urgence.
L’erreur la plus coûteuse
Pour une PME, c’est de se concentrer uniquement sur le dommage matériel et d’oublier la continuité. Une couverture perte d’exploitation, adossée à l’assurance choses, mérite une analyse sérieuse.
Selon le contrat, elle indemnise une perte de marge, certains frais fixes, ou des frais supplémentaires engagés pour continuer à servir les clients : location de matériel, sous-traitance, site temporaire. Des délais d’attente, des durées maximales et des sous-limites peuvent s’y appliquer.
Un cadre en trois temps
- Établir un inventaire réaliste : valeur du stock en moyenne et en pointe, valeur des machines critiques, valeur du parc informatique, dépendance à quelques équipements.
- Définir vos scénarios d’arrêt : combien de jours pouvez-vous absorber sans produire ni livrer, quelles sont les alternatives, quel serait le coût de l’interruption.
- Sélectionner les garanties pertinentes : vol, eau, bris, transport interne, perte d’exploitation, selon votre activité.
À vérifier ensuite, point par point : la base de valeur, neuve ou actuelle ; les mécanismes de variation de stock ; les exigences de sécurité contre le vol ; les franchises et sous-limites ; et la documentation attendue en cas de sinistre, factures, inventaires, photographies et rapports.